Deux semaines qui ont tout changé
Le 2 avril dernier, on était 10 000 devant l’Assemblée nationale. Dix mille travailleuses et travailleurs du communautaire, debout, visibles, fier·ère·s. C’était la conclusion d’une grève historique, la phase deux du mouvement Le communautaire à boutte, et le début de quelque chose de plus grand encore.
1 882 organismes. 17 régions du Québec. Un seul message, porté d’une seule voix.
Ces deux semaines, nous les avons portées avec ce qu’on a de plus vrai : du cœur, de la conviction et une solidarité qui vient du fond des tripes. C’est ça, notre force.
Nos gains
On a rendu visible l’invisible. La population comprend aujourd’hui un peu mieux ce qu’est l’action communautaire autonome, ce qu’elle fait, ce qu’elle représente, et la diversité des secteurs qu’elle couvre. Des aîné·e·s aux jeunes, de la santé mentale à l’habitation, de l’alimentation à la violence conjugale : le communautaire, c’est partout, et ça touche tout le monde. On a fait réaliser à des milliers de personnes que les services communautaires pourraient ralentir, voire fermer, si rien ne change. Et on l’a dit clairement : on ne peut plus absorber les lacunes du réseau public.
On s’est réapproprié notre rôle. Pas celui qu’on nous impose, celui qu’on a choisi.
On a exercé une réelle pression politique. Le financement de l’action communautaire autonome est maintenant à l’ordre du jour des partis politiques. Des élu·e·s ont été
interpelé·e·s localement, régionalement et nationalement, et plusieurs ont pris position pour soutenir le mouvement. Ce n’est pas rien. C’est le résultat direct de notre mobilisation.
On a unifié nos voix. Les revendications sont claires, partagées et cohérentes à l’échelle du Québec entier. Peu importe la région, peu importe l’organisme : on parle d’une seule voix.
On a créé des liens. Avec les regroupements, les syndicats, les étudiant·e·s, les allié·e·s de partout au Québec. Un fort sentiment d’appartenance et de fierté s’est tissé entre nous. Et ça, ça ne disparaît pas après une grève : ça reste, ça sert et ça nous permet de nous remobiliser rapidement lorsque la situation l’exige.
Ces deux semaines nous ont appris quelque chose de précieux : comment se mobiliser ensemble, avec force et cohérence. Un apprentissage collectif qu’on garde avec nous pour la suite.
Ce qu’il reste à faire
Les gains sont réels, mais le travail politique continue. Des discussions sont en cours avec les partis d’opposition. Il faudra les pousser vers des engagements clairs et des actions concrètes, pas seulement des mots de solidarité. On doit aussi consigner les engagements déjà pris, pour pouvoir les rappeler au moment opportun.
Notre solidarité doit aussi s’étendre à ceux et celles qui ne se sont pas encore joint·e·s à nous. Les organismes qui sont restés en retrait ont tout à gagner à faire partie du mouvement et c’est ensemble qu’on sera les plus fort·e·s quand viendra le temps des négociations politiques.
La grève est terminée. La mobilisation, elle, continue. ✊
Article tiré de l’Infolettre Le communautaire à Boutte




